Retour de Peugeot en Endurance : ce que cache cette annonce

Retour de Peugeot en Endurance : ce que cache cette annonce

La réponse à ce que cachait le flou autour de l’annonce très médiatique du retour de Peugeot en endurance.

L’annonce du retour de Peugeot en endurance avait laissé la rédaction de GT Passion quelque peu perplexe. Pourquoi seulement en 2022 ? Puis pourquoi éventuellement fin 2021 ? Nous avons maintenant la réponse. Parce qu’il y a de fortes probabilités que Peugeot s’engage en LMDh la nouvelle plateforme prototype hybride commune voulue par l’ACO et l’IMSA et basée sur un nouveau châssis LMP2-2022. Un autre point nous taraudait. À l’heure où les constructeurs investissent massivement dans de nouvelles technologies « plus vertes », et cherchent à réduire les coûts de leur future implication ou de leur programme dans le sport automobile, la catégorie Hypercar laissait apparaitre que le budget  souhaité autour de 20 millions d’euros serait allègrement franchi. D’autres indices nous interrogeaient depuis quelques mois. Comme celle de la prolongation de l’homologation de l’actuel châssis LMP2 jusqu’en juin 2022. Si l’aspect économique, de plus en plus important pour la survie des teams impliqués en LMP2, était à sérieusement considérer, cela donnait surtout aux négociations ACO-IMSA autour du châssis commun, du temps supplémentaire et une chance réelle d’aboutir. Nous avons là aussi la réponse. L’objectif était de prolonger la vie de l’actuel châssis jusqu’à la date de l’arrivée du nouveau châssis qui sera utilisé à la fois en LMD avec une hybridation et en LMP2.

Retour Peugeot Endurance
Retour Peugeot Endurance
Retour Peugeot Endurance


La réglementation Hypercar sera applicable pour 5 ans. Quel constructeur s’engagerait maintenant dans cette catégorie qui dépendra d’une BoP (balance de performance) pour s'assurer d’être au même niveau de performances que le prototype LMDh qui deviendra assurément la catégorie unique en 2025 ? Chez lez constructeurs, seuls Toyota et Aston Martin ont montré de l’intérêt pour l’Hypercar. Et encore, les rumeurs d’un possible rachat d’Aston Martin entretiennent un doute. D’autres constructeurs avaient clairement déclaré qu’ils n’étaient pas intéressés pour des raisons de coût. Par ailleurs, Ford, General Motors avec Cadillac, BMW, Porsche et Lamborghini n'ont pas caché leur désir de voir émerger une plateforme commune. McLaren et même Ferrari pourrait se laisser tenter par l’aventure. Hypercar : 2 – LMDh : 5. Le score est sans appel. Un autre indice en faveur des LMDh, Oreca, le constructeur de référence de châssis LMP2, a annoncé l’abandon de tout projet lié à l’Hypercar. La catégorie LMDh est certaine de confirmer ou d’attirer très prochainement plusieurs constructeurs qui permettront un nouvel essor des championnats d’endurance WEC et IMSA. Avoir la possibilité de s’engager aux 24h du Mans, 24h de Daytona, 12h de Sebring, etc.... avec un même prototype. Quel constructeur attiré par ou impliqué dans un championnat d’endurance refuserait de se poser la question ?
Retour Peugeot Endurance
Retour Peugeot Endurance
Retour Peugeot Endurance

En parallèle, nous nous interrogeons sur l’avenir du GT. Les GTLM sont très rapides mais d’un coût d’exploitation exorbitant, pour des retombées médiatiques minimes. La victoire de Ferrari en GTLM aux dernières 24h du Mans est passée quasi-inaperçue. Si l’on observe le GT3, il est facile de constater que 11 constructeurs sont régulièrement engagés autour du monde en GT3 ou GTD : Porsche, Audi, Mercedes, Lamborghini, Ferrari, BMW, Aston-Martin, Toyota-Lexus, Honda-Acura, Nissan et Bentley. La volonté de l’ACO est de réduire les temps des prototypes aux 24h Mans autour de 3’30 au tour. Une comparaison avec les temps des LMP1 actuelles à Spa-Francorchamps et des GT3 lors des 24h sur le même circuit laissent apparaitre que les GT3 seraient à leur place aux 24H du Mans. Il est possible de pousser la comparaison plus loin avec les Dpi et les GTD aux 24h de Daytona pour que cela devienne une évidence. Deux catégories uniquement, prototype et GT, engagées dans les championnats ACO et IMSA assureraient des courses plus faciles à suivre pour tous les spectateurs. Bien sûr, décider une rationalisation des catégories en endurance et assurer la survie de championnats très différents est extrêmement complexe. À GT Passion, nous sommes convaincus qu’un championnat LMDh-GT3 et un championnat exclusivement GT3, voire GT3-GT4 peuvent parfaitement cohabiter pour offrir une visibilité mondiale aux constructeurs. La réunion LMDh et GT3 reste une belle histoire à écrire et le dénouement risque de se faire attendre. Mais qui croyait à l’avènement de la plateforme commune LMDh il y a seulement 30 mois ?

Crédits Photos : @Peugeot @gtpassion @dav usual design