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La grande liquidation du sport auto chez Renault Group.

La grande liquidation du sport auto chez Renault Group.

Sommaire de l'article

Résumé de l'article

Sous l'impulsion du nouveau PDG après le départ de Luca De Meo, le Groupe Renault opère un virage stratégique radical et contesté. En sacrifiant le programme Hypercar d'Alpine en WEC et les ambitions de Dacia en Rallye-Raid, la direction liquide l'héritage de Viry-Châtillon. Désormais, le groupe se replie sur une Formule 1 "client" motorisée par Mercedes, enterrant cinquante ans de savoir-faire motoriste français sur l'autel de la rentabilité immédiate.

Trahison à Viry où "le Sabotage du Sport Auto chez Renault"

L’annonce a l’effet d’un crash à haute vitesse. En l’espace de quelques mois, le paysage du sport automobile français a été défiguré. Les passionnés et les employés du groupe assistent, impuissants, à ce qui ressemble à une liquidation judiciaire de l’âme compétitive de la marque au Losange. Derrière les sourires de façade et les discours marketing sur la "Renaulution", se cache une réalité bien plus sombre : le sacrifice méthodique d'outils industriels et de programmes sportifs d'excellence.

alpine wec

L'Adieu au Mans et aux dunes : Le WEC et Dacia sacrifiés

C’est une douche froide pour l’endurance française. Alors que l’Alpine A424 commençait à peine à montrer son potentiel dans la catégorie reine Hypercar du WEC, le couperet est tombé : arrêt du programme fin 2026. Ce retrait prive Alpine d'une vitrine technologique majeure au moment même où la marque prétend devenir le "Ferrari à la française". Plus incompréhensible encore, le programme Rallye-Raid de Dacia, porté par le projet Sandrider, subit le même sort. Après avoir recruté des légendes comme Sébastien Loeb et investi des millions pour briller au Dakar, le groupe fait machine arrière. Pourquoi de tels investissements si c’est pour débrancher la prise avant même d’avoir récolté les fruits d'une gloire durable ? Ce "stop-and-go" permanent est le symptôme d'une direction qui navigue à vue, privilégiant les bilans comptables trimestriels à la construction d'un palmarès.

dacia sandrider

Viry-Châtillon : Le temple profané

Le crime de lèse-majesté reste sans aucun doute le démantèlement de l'usine de Viry-Châtillon. Depuis 1977, ce site est le cœur battant de la technologie française en F1, le lieu où ont été conçus les moteurs ayant propulsé Prost, Schumacher, Alonso et Vettel vers les sommets. En décidant d'arrêter la conception du moteur Renault F1 pour 2026, Renault ne se contente pas de faire des économies. Il brise un lien historique. Le projet "Hypertech Alpine", censé reconvertir les ingénieurs de Viry vers les technologies électriques de pointe, ressemble à une prison dorée pour des talents dont l'ADN est la compétition pure.

Alpine F1 : Une écurie "client" sous perfusion Mercedes

Le comble de l'ironie est atteint avec la stratégie choisie pour la Formule 1. Pour rester dans la catégorie reine tout en limitant les coûts, Alpine deviendra dès 2026 une simple écurie cliente de Mercedes. Imaginez la scène : une voiture arborant le drapeau tricolore et le logo Alpine, mais propulsée par un moteur conçu à Brixworth, chez le rival allemand. C'est l'aveu d'échec ultime de la présidence de Luca de Meo. En abandonnant son statut de constructeur complet (châssis + moteur), l'écurie perd sa raison d'être et se prépare, selon de nombreux observateurs, à une vente pure et simple à moyen terme.

alpine a 526 2026

Un PDG en mission de "cost-cutting" ?

Si Luca de Meo a réussi à redresser les finances du Groupe Renault, son héritage sportif sera celui d'un liquidateur. En sacrifiant Renault Sport (devenu Alpine) et en transformant la marque en une entité purement marketing, il déconnecte le produit de sa genèse technique. Le sport automobile n'est plus un laboratoire de performance, mais une simple charge financière à optimiser.

La fin d'une certaine idée de la France

Le gâchis est total. En quelques décisions brutales, le Groupe Renault a tourné le dos à son histoire. En tuant le programme WEC, en stoppant net l'aventure Dacia au Dakar et en éteignant les bancs d'essais de Viry-Châtillon, la direction a choisi la voie de la facilité. La F1 sous moteur Mercedes ne sera qu'une pâle copie de ce qu'était l'ambition initiale. Le drapeau bleu-blanc-rouge flotte toujours, mais le moteur qui bat sous le capot n'a plus l'accent français. 

 

Crédits Photos :© Dacia, Alpine & GT Passion 2026

 

Edmond Grandjean

Edmond Grandjean

Rédacteur en Chef, pilote essayeur et amoureux de belles mécaniques.
Edmond est à l'origine de la création de Gt Passion il y a plus de 10 ans pour faire partager ses coups de coeur et sa passion au plus grands nombres possible de passionnés. D'essais constructeurs en salon et évènements automobile, Edmond parcours des kilomètres pour assouvir sa passion au volant des plus belles mécaniques qui font l'actualité du moment.